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Travailler avec des enfants c’est tout sauf facile.

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« Bon courage » : DEFINITION : phrase communément émise par les parents, adressée  aux professionnelles d’une crèche, au moment de leur départ le matin » . Pourquoi bon courage? Limite c’est comme s’ils disaient : «  bon ben votre journée de boulot va être d’avance compliquée. vous vous êtes mis dans un sacré pétrin ! » Au moment où les parents partent, nous voilà partis pour une mission, ô combien périlleuse , voir dangereuse :  celle de s’occuper de petits être de moins de 94 cms.

Alors OUI je ne vais pas vous dire que s’occuper d’enfants c’est  simplement faire 2/3 risettes et faire un petit jeu avec eux, pour que tout le monde soit heureux. Mais qu’effectivement cela mobilise beaucoup notre énergie tant au niveau physique que psychologique.

C’est un travail que tout le monde ne peut pas faire et plusieurs parents me l’ont déjà dit . Ils se demandent même comment nous faisons pour nous occuper d’un groupe d’enfants, alors qu’eux peine à s’occuper des leurs.

Physiquement, c’est fatiguant parce qu’il est nécessaire de se mette à la hauteur d’enfants. D’ailleurs le mobilier est à hauteur d’enfant. Le plus simple est de s’assoir au sol. Les enfants qui ne marchent pas… on les porte !!!! Essayez d’imaginer le nombre de mouvements que nous répétons tout au long d’une journée pour porter les enfants. Cela nécessite de réfléchir au portage pour éviter tout problème de dos. D’ailleurs dans une crèche dans laquelle j’étais en mission j’ai appris (eh oui ça s’apprend…)à porter les enfants, pour éviter toutes douleurs lombaires et pour permettre à l’enfant de se sentir soutenu physiquement, sans tensions. Bref…

Travailler avec des enfants c’est aussi fatiguant émotionnellement. Dites vous que vous êtes face à un groupe d’enfants qui s’exprime par des pleurs, des cris … et vous dans tout cela pour le bien être des enfants vous devez répondre aux demandes de chacun, car vous êtes continuellement sollicité. Faire preuve de patience est un atout majeur à avoir en tant  que professionnel. Vous vous  devez de verbaliser sans crier, répéter les choses maintes et maintes fois.

Mais nous sommes aussi (et surtout ) des être humains, je défie quiconque qui pourra rester dans cet état là en toutes circonstances. Il est malheureux de constater que les professionnelles de la petite enfance prennent sur elles , encaissent énormément et ne s’autorisent pas elles même à verbaliser leur émotions, leur besoins au sein de leur équipe. Passer le relais est un comportement qui n’est pas forcément automatique et naturel pour chacun. Mais cela peut amener malheureusement à des moments où lorsque l’on encaisse : on puisse avoir une parole, un ton déplacé vis-à-vis de l’enfant ou encore qu’on le  prenne par le bras plus brusquement.

Le travail auprès des enfants, peut être aussi particulièrement éreintant quand  les conditions de travail ne sont pas aux rendez vous. Les structures finissent par accueillir un nombre d’enfants  supérieur à leur capacité d’accueil, pour remplir les crèches. Du coup, les professionnelles galèrent, elles ne peuvent apporter un accueil de qualité aux enfants, elles survivent. Alors que pour certaines au départ  le choix de travailler  avec des enfants était motivé par une passion/ une vocation, elles finissent par être complètement dégoûtées par leur travail. Certaines sont  tellement épuisées physiquement, moralement , qu’elles finissent par faire des burnouts. Ce ne sont malheureusement pas des cas isolés !!!!!

Alors pourquoi ce texte ? Il s’adresse à tout ceux et celles  qui croient que travailler avec des enfants c’est facile !!!!. Je suis en colère de voir que les métiers de la petite enfance soient considérées  comme des voies de garage .Parce que selon les institutions (pôle emploi et autres) s’occuper d’enfants ne nécessite pas de grandes compétences. Certaines personnes ne trouvant pas de travail sur une longue période se voit offrir un contrat aidé en crèche ou autre !!! Je ne dis pas qu’il ne faille pas redonner du travail à ces personnes, et leur offrir la possibilité  de se réinsérer. Je dis qu’accompagner des jeunes enfants ce n’est pas un métier à prendre à la légère. On ne parle pas de faire pousser des tomates, on parle d’accompagner des enfants pour qu’ils puissent grandir, en étant épanouis et heureux !!!

Savez-vous que chaque action : le choix d’un jeu, l’aménagement de l’espace, le déroulement du repas …tout cela est soigneusement réfléchi en équipe ? Nous agissons toujours pour être au plus près des besoins des enfants. Alors je ne dis pas que travailler avec des enfants ne laisse pas de place à la légèreté, aux rires mais nous n’agissons  pas sans avoir réfléchi en amont .Je souhaite insister aussi sur le fait le fait que les professionnelles ont besoin de travailler dans des conditions de travail favorables

Donc les enfants méritent d’être accompagnés par des personnes qui se sentent bien physiquement, émotionnellement…. Mais aussi que  les équipes se sentent suffisamment  soutenues ( par la hiérarchie) , pour mener à bien cette mission :  celle de contribuer à l’épanouissement des enfants. Il faut avoir à l’esprit qu’en tant qu’adulte nous sommes responsables de ce que nous allons  transmette aux enfants.

 Cela vous donne un aperçu du quotidien des  professionnelles de la petite enfance. Vous porterez peut être désormais un regard différent  sur leur travail. 

A propos de Vanessa, L'education s'éveille

5 Comments

  1. Coach Muntu

    17 juin 2017 at 18:04

    Bonjour , encore un article intéressant comme d’habitude .

    J’ai eu un rendez vous avec l’instit de mon enfant hier , en échangeant avec elle j’ai bien vue qu’il faut de la compétence et surtout une vocation .

    Travailler dans le domaine de la petite enfance ça un impacte sur l’avenir de notre société , car les enfants sont les adultes de demain .

    • Vanessa, L'education s'éveille

      19 juin 2017 at 11:49

      Merci beaucoup 😉 effectivement les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain.

  2. Kevin

    18 juin 2017 at 12:55

    Bonjour,

    Je trouve votre article très pertinent. Il est vrai que cette profession n’est pas encore entièrement reconnue par la société et cela est bien dommage étant donné que de plus en plus d’enfants fréquentent les crèches.

    Je tenais juste à souligner que les hommes ont encore plus de peine à faire leur place au sein de cette profession et qu’il est vraiment dommage que votre article soit écrit exclusivement au féminin. Cela laisse entendre que seules les femmes sont capables de pratiquer ce métier et que les hommes n’y ont pas leur place. Je trouve cela bien dommage.

    • Vanessa, L'education s'éveille

      19 juin 2017 at 11:45

      Merci Kévin pour votre retour.Merci de souligner qu’il y a effectivement des hommes qui travaillent aussi dans ces métiers, et j’en suis ravie. En effet, cela apporte une autre dynamique, une complémentarité dans les structures.Le texte a été écrit au féminin non parce que je pense que seules les femmes puissent exercer ce métier , mais parce que c’est une réalité que la majorité des personnes qui travaillent dans la petite enfance sont des femmes.

  3. Laetitia

    19 juin 2017 at 21:45

    Ma soeur travaille dans une crèche communale donc en tant qu’agent de la commune elle a l’accès à la piscine communale gratuitement et si elle y va direct après le travail ça lui donne droit à 1/2h supplémentaire, ils estiment que c’est bien pour les puéricultrices de décompresser après le boulot

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